Et si plusieurs participants fournissaient ensemble une connexion, du stockage ou des données utiles ? C’est l’idée générale du DePIN, pour Decentralized Physical Infrastructure Networks, ou réseaux d’infrastructures physiques décentralisées.

Le terme regroupe des projets qui coordonnent des ressources matérielles distribuées, avec des mécanismes blockchain et souvent des incitations en tokens. Ce n’est pas une norme qui certifie leur qualité. Après les bases du Web3, ce troisième parcours part du service concret plutôt que du prix d’un actif.

Partir du besoin d’un utilisateur

Imaginons une coopérative agricole fictive qui veut recevoir les mesures d’humidité de ses parcelles. Elle a besoin de capteurs, de couverture radio, d’une transmission fiable et d’un logiciel de lecture.

Un réseau pourrait coordonner des participants qui installent et entretiennent des passerelles radio. La coopérative achèterait alors un service de transmission. La première question serait : « Les mesures arrivent-elles correctement là où elles sont nécessaires ? »

Le nombre de tokens distribués ne répond pas à cette question. Le réseau doit rendre un service même à quelqu’un qui ne s’intéresse pas aux cryptomonnaies.

Quatre rôles dans un même système

Les contributeurs apportent des ressources : équipements, capacité ou travail. Les utilisateurs consomment un service. Les mécanismes de vérification cherchent à établir les contributions réellement acceptées. Les règles économiques déterminent qui paie et comment les participants sont rémunérés.

Ces rôles ne correspondent pas toujours à quatre entreprises distinctes. Un participant peut en occuper plusieurs. Certains prestataires interviennent entre le réseau et le client final.

La documentation d’Helium donne un exemple de réseaux sans fil utilisant des passerelles exploitées par des participants. Celle d’Akash présente une place de marché de ressources informatiques. Les mécanismes de ces projets ne sont pas interchangeables.

Ce que la blockchain peut coordonner

Un registre peut enregistrer des identités d’équipements, des engagements ou des règlements. Un programme peut appliquer une règle de paiement à partir d’informations reçues. Cela ne signifie pas que les fichiers, les ondes radio ou les calculs passent tous dans la blockchain.

Dans notre coopérative fictive, les mesures circuleraient par des réseaux de communication. La blockchain pourrait ne servir qu’à certaines étapes de coordination. Il faut regarder quelles fonctions y sont réellement exécutées.

Décentralisé ne veut pas dire sans dépendances

Un réseau peut compter de nombreux équipements tout en dépendant d’un fabricant, d’un opérateur logiciel ou d’un petit groupe qui modifie les récompenses. Répartir le matériel et répartir le pouvoir de décision sont deux dimensions différentes.

Il faut aussi entretenir les machines, payer l’électricité et respecter les contraintes du service. Si une passerelle tombe en panne dans une zone isolée, dix mille équipements ailleurs ne garantissent pas la continuité locale.

Cette observation conduit à une méthode simple : évaluer la couverture utile, la qualité livrée et les solutions de remplacement, au lieu de se limiter à une carte pleine de points.

Vérifiez votre compréhension

Un projet a vendu beaucoup de boîtiers mais ne montre aucun utilisateur de son service. A-t-il démontré un réseau utile ? Pas encore. Les boîtiers montrent une capacité installée ou vendue ; il reste à établir ce qu’elle fournit, à qui et avec quelle qualité.

À retenir : le DePIN cherche à coordonner une infrastructure fournie par plusieurs acteurs. Son intérêt se juge au service rendu et à son organisation.

Étape suivante : quels services peut-on partager ?