Vous entendez parler de "Web3" et de "blockchain" partout, mais le jargon technique rend souvent la chose incompréhensible.

Pourtant, l'idée derrière le Web3 est très simple : c’est une approche d’Internet où vous pouvez détenir et transférer certains actifs numériques grâce à une blockchain. Ce n’est ni un remplacement complet du Web actuel, ni une garantie de propriété sur toutes vos données.

Pour comprendre, il suffit de regarder l'histoire d'Internet en trois grandes étapes.

L'histoire d'Internet en 3 étapes

01 / Web1LirePages statiquesConsulter l’information1990–2000
02 / Web2ParticiperRéseaux sociauxCréer et échangerDepuis les années 2000
03 / Web3DétenirActifs numériquesSigner et transférerDepuis les années 2010
Des repères pour comprendre. Ces usages coexistent aujourd’hui.
  1. Web1 (Les années 90 - 2000) : "Lire" C'était l'internet des pages statiques. Vous pouviez lire des articles, consulter des annuaires, mais vous ne pouviez pas vraiment interagir. Vous étiez un simple spectateur.
  2. Web2 (2005 à aujourd'hui) : "Lire et Écrire" L'arrivée des réseaux sociaux (Facebook, X, YouTube). Vous êtes devenu acteur : vous postez, vous commentez, vous créez du contenu. Mais il y a un piège majeur : les plateformes contrôlent l’accès à votre compte et les règles du service. Une suspension peut vous priver de votre audience et de contenus que vous n’avez pas sauvegardés. Ce contrôle ne signifie pas qu’elles deviennent propriétaires de tout ce que vous publiez.
  3. Web3 (Aujourd'hui et demain) : "Lire, Écrire et Posséder" C'est ici qu'intervient le Web3. L'objectif est de vous redonner le contrôle. Un portefeuille peut vous permettre de contrôler directement certains actifs, sans compte auprès d’une plateforme. Mais les applications, les émetteurs de tokens et les services d’hébergement peuvent encore imposer des restrictions.

Comment est-ce possible ? Grâce à la blockchain.

Une blockchain est un registre partagé dont les participants vérifient les nouvelles écritures selon des règles communes.

Plusieurs copies. Des règles communes. Aucun livre central.

Imaginez un immense registre comptable, un grand livre public. Sur une blockchain publique, ce registre est copié sur de nombreux ordinateurs. Il n’y a pas un livre central : chaque participant qui conserve une copie peut vérifier les écritures.

  • Il est vérifiable : Sur un réseau public, les écritures et les règles du protocole peuvent être examinées. Cela ne prouve pas qu’une information saisie sur le monde réel soit vraie.
  • Son historique est difficile à modifier : Les règles de validation rendent les modifications arbitraires détectables. La sécurité dépend toutefois du réseau et de son mécanisme de consensus.
  • Il peut réduire la dépendance à un intermédiaire : Plusieurs interfaces peuvent donner accès au même réseau. Cela ne supprime pas les restrictions possibles au niveau d’une application ou d’un token.

Pourquoi c'est une révolution ?

Jusqu'à présent, sur internet, si vous aviez de "l'argent" dans un jeu vidéo, ou des points de fidélité, ces choses n'avaient de valeur que parce que l'entreprise qui gérait le jeu le décidait.

Une blockchain permet de vérifier le nombre de tokens émis et les adresses qui les détiennent, selon les règles du programme qui les gère.

Détenir un token ne garantit ni sa valeur, ni un acheteur, ni un droit sur un objet extérieur à la blockchain. Ses possibilités de transfert dépendent aussi des règles du token.

Comment on s'en sert ?

Pour utiliser certaines applications Web3, vous connectez un portefeuille au lieu de créer un compte classique. D’autres applications conservent une connexion par e-mail ou un compte géré par un service.

Un wallet (portefeuille) est une interface pour consulter vos actifs et autoriser des opérations. Dans un portefeuille autonome, vous contrôlez les clés de signature ; avec un service de garde, vous dépendez d’un tiers. Un même portefeuille n’est pas compatible avec tous les réseaux.

À retenir : le portefeuille vous aide à autoriser une opération ; la blockchain en conserve l’écriture. Comprendre ce que vous signez compte autant que comprendre le réseau.

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