Le mot DePIN rassemble des services très différents. Louer du calcul n’est pas envoyer une mesure radio ; collecter une image de rue n’est pas conserver un fichier. Pour comprendre un réseau, commencez par nommer l’unité de service qu’un client utilise.
Après la définition du DePIN, examinons quatre familles. Les projets cités servent d’exemples documentaires, pas de recommandations d’achat de tokens ou de matériel.
Transmettre des données
Un réseau de connectivité transporte des informations entre des équipements et des services. Selon son architecture, il peut viser des capteurs peu gourmands en données ou contribuer à la connectivité de terminaux mobiles.
La documentation d’Helium distingue notamment son réseau pour objets connectés et son réseau de déchargement de trafic mobile en Wi-Fi. Cette distinction compte : un équipement destiné à un usage ne remplace pas automatiquement l’autre.
Pour une coopérative agricole, une mesure utile serait la proportion de relevés reçus dans les délais sur les parcelles concernées. Une carte de couverture générale ne raconte pas à elle seule cette expérience.
Conserver et récupérer des fichiers
Un service de stockage promet de conserver des données selon certaines conditions. Il faut également pouvoir les récupérer lorsque l’utilisateur en a besoin. Capacité annoncée, quantité stockée et rapidité de récupération sont trois indicateurs différents.
Filecoin présente un système de stockage distribué et des engagements entre participants. Cela ne signifie pas qu’un fichier déposé n’importe comment sera conservé éternellement ou disponible instantanément.
Pour une association fictive qui archive ses photographies, le bon exercice serait de vérifier un échantillon de fichiers restaurés, leur intégrité, le délai et le coût. Le nombre de disques du réseau serait seulement une information de contexte.
Fournir de la puissance de calcul
Des applications ont besoin de processeurs, de mémoire ou de GPU, des composants adaptés à certains calculs intensifs. Un réseau peut mettre en relation des fournisseurs de machines et des clients qui louent ces ressources.
Akash décrit cette relation entre fournisseurs et locataires. La capacité disponible ne suffit pas : il faut aussi examiner les performances, la disponibilité, la localisation et les besoins de protection des données.
Un studio fictif qui calcule des images comparerait le coût d’un travail terminé correctement, pas seulement le prix d’une heure de machine. Une machine bon marché mais inadaptée peut coûter davantage pour le résultat attendu.
Produire des données sur le terrain
D’autres réseaux coordonnent la collecte d’images ou de mesures. Hivemapper documente un réseau de cartographie alimenté par des contributions. L’intérêt d’une donnée dépend de ce qu’elle apporte au client : couverture, fraîcheur et qualité notamment.
Cent passages sur la même rue ne valent pas nécessairement cent rues utiles nouvellement documentées. Il faut aussi examiner les règles concernant les personnes, les lieux et les données collectées. Répartir la collecte entre participants ne retire pas ces responsabilités.
Comparer par le résultat
Pour chaque famille, vous pouvez compléter la même phrase : « Le client paie pour obtenir… ». Une transmission arrivée à temps, un fichier récupéré, un calcul achevé ou une donnée exploitable donne un point de départ concret.
Comparez ensuite ce résultat à une solution classique, en incluant l’installation, l’entretien, la qualité et les contraintes. La présence d’un token ne rend pas automatiquement le service moins cher ou plus fiable.
Vérifiez votre compréhension
Un réseau annonce beaucoup de stockage disponible. Peut-on en déduire qu’un utilisateur récupérera ses fichiers rapidement ? Non. La capacité et la qualité de récupération doivent être évaluées séparément.
À retenir : un DePIN se comprend par son service et son unité de mesure. Les mêmes critères ne s’appliquent pas à tous les réseaux.
Étape suivante : comment les contributions sont-elles coordonnées et vérifiées ?
