Votre wallet affiche trois lignes : ETH, un token de paiement et un NFT. Tout apparaît au même endroit, mais ces objets ne jouent pas le même rôle. Le mot token décrit une unité suivie par un système ; il ne suffit pas à expliquer son utilité ni les droits de son détenteur.
Après le trajet d’une transaction, apprenons à nommer ce qui peut être transféré.
Une cryptomonnaie native appartient au fonctionnement du réseau
L’ether, abrégé ETH, est l’actif natif d’Ethereum. Il sert notamment au paiement des frais du réseau et à son mécanisme de sécurisation. Le bitcoin joue un rôle propre au réseau Bitcoin. Les usages et les mécanismes ne sont pas identiques d’une blockchain à l’autre.
Dans la conversation courante, « crypto » peut aussi désigner des tokens émis par des applications. Pour être précis, demandez si l’on parle de l’actif natif du réseau ou d’un actif géré par un programme. Ethereum présente le rôle de l’ether.
Un token fongible : des unités interchangeables
Imaginez les points d’une même carte de fidélité : un point remplace un autre point de ce programme. C’est l’idée de fongibilité. Deux unités d’un même token suivent les mêmes règles, même si leur valeur de marché peut changer.
Sur Ethereum, le standard ERC-20 définit une interface commune pour gérer notamment des soldes et des transferts. Il facilite la compatibilité entre logiciels ; il ne certifie pas un émetteur et ne garantit pas un prix. Le standard ERC-20 décrit ces fonctions techniques.
Un même nom ou symbole peut être copié. « EURO », par exemple, ne suffit pas à identifier un token. Le réseau et l’adresse du contrat permettent de distinguer deux émissions portant un nom similaire.
Un NFT : une unité identifiée individuellement
Un NFT, ou token non fongible, possède une identité distincte dans une collection. Pensez à deux billets numérotés pour des sièges différents : on peut les décrire avec le même format sans les rendre équivalents.
Le standard ERC-721 permet de suivre ces unités individuellement. Sur un réseau donné, l’adresse du contrat et l’identifiant du token précisent de quel NFT on parle. La spécification ERC-721 traite de cette identification et des transferts.
Un NFT peut pointer vers une image, un document ou une description hébergée ailleurs. La présence du token sur une blockchain ne signifie pas que le fichier associé y est stocké ou restera accessible pour toujours.
L’objet technique ne définit pas tous vos droits
Reprenons un exemple fictif : un musée émet un NFT associé à une illustration. Détenir ce token permet-il d’imprimer l’illustration sur des affiches et de les vendre ? Il faut lire la licence. Le transfert du token ne transfère pas automatiquement le droit d’auteur. L’étude de l’office américain du droit d’auteur sur les NFT examine précisément cette confusion.
La même méthode vaut pour un token promettant un accès, un vote ou un revenu. Qui accorde ce droit ? Pendant combien de temps ? Peut-il être modifié ? Quelle règle s’applique hors de la blockchain ?
Vérifiez votre compréhension
Deux tokens portent le même symbole et le même logo. Sont-ils nécessairement le même actif ? Non. Il faut identifier le réseau, le contrat et, pour un NFT, l’unité concernée.
À retenir : actif natif, token fongible et NFT décrivent des mécanismes différents. Leur rareté technique ne garantit ni utilité, ni droits supplémentaires, ni valeur de revente.
Étape suivante : le programme qui applique les règles, le smart contract.
